BIENVENUE AU BLOG DES LITTERAIRES NEGRO AFRICAINS

Posté par le 09 avr 2010 | Dans : Espace Lecteurs

une idée ne peut en effet être mûrie, mais alors murement murie que si  sa maturité a été partagée par plusieurs esprits. voici un espace enfin offert à nous, paroliers de l’aurore (pour reprendre ce bout de vers de NANA TADOUN), afin de pouvoir nous exprimer, echanger avec le monde Negro Africain, des dérivations et surtout de la vision que nous portons à ce monde. Et bien sûr, au delà de toute comprimission de pensée ou de religion, l’espace reste ouvert à tous ceux qui comme nous ont ressenti bien plus qu’un désir, une néccéssite de voir le monde autrement, et de pouvoir reflechir à propos! les enjeux nous les connaissons tous, le slogan des Indépendances a un nouveau refrain et chacun devrait pouvoir le chanter en son ton, et sa langue natale…

 

Bonne navigation à Tous et ne manquez pas de sortir de cet espace sans laisser le moindre commentaire ou la moindre notification

 

  Pierre La Paix

L’ADMINISTRATEUR

VOS VERS LES PLUS BEAUX…

Posté par le 09 avr 2010 | Dans : ESPACE POETIQUE

Vous pouvez à partir de cet espace poster vos poèmes, vos dédicaces mais aussi vos proverbes et contes…Toute la diversité de l’Art quoi!!

Crime des Moeurs

Posté par le 09 avr 2010 | Dans : ESPACE POETIQUE

Dans la déchirure du tabou,

Le rien a installé un banc immonde

Et s’y est assis. Le sacré n’a pas connu son assassin

Et la honte a primé. L’anormalité de ce siècle impressionne

l’instant. Et ma passivité a admiré ce jour nouveau dans la texture

sans fard qui maquille ce siècle. La terre a connu Sodome depuis la nuit

Et s’est réveillée dans l’opprobre violant mes mœurs inquiètes. Et le monde a ri. Et mon cœur a pleuré. Semant dans la hideur de l’insalubre sexuel, ma virilité assassinée, ma virilité assassine. Le rituel critiqué, a connu le meurtre des valeurs sans vie. renversé par le péché passionnel, le bon sens a capitulé dans le néant et l’insu. Et dans la putride réalité, d’où sourd le réel impossible, le tableau de ma société :

 

HOMOSEXUALITE !

 

Un cri suffit,

Une larme, Non !

Un air de vie,

De ma vie surtout !

Mais quoi ?

Le  soleil a craint la nostalgie du vide. Et le ciel a pleuré ; l’amer souvenir

De ces rendez-vous crépusculaires ressuscite enfin dans cette aube trempée… de sang ! La brume s’inonde de brune rosée. Ma peur aussi. Voici le temps du rêve à rebours ; la terre accueille la dépouille céleste  avec un rire funeste, et vient soudain la motte molle de ce tombeau fermé,

Qui accueille Sodome en se moquant de demain.

Une rose éclose pour une rose,

Un plantain mûr pour un plantain… Drôle de Monde !

Va  te faire voir ailleurs ! c’est la Mondialisation, qu’est-ce que tu veux ?

Et puis…chacun a le droit d’aller avec qui il veut et libre d’aimer qui il veut. Un homme, ça embrasse un homme

-hum

-mais oui ça embrasse un homme, un homme, ça couche avec un autre homme, ça se marie aussi…

L’indice cible

L’indicible

Avec la bouche bandée.

 

L’impôt cible

L’impossible

Avec la bourse bandée.

 

Le pot cible

Le possible

Avec la main bandée.

 

L’insu brime

Le sublime

Avec le col bandé.

 

L’invu cible

L’invisible

Avec le cul bandé.

 

Le sang cible

Le sensible

Avec le bas bandé.

 

L’encens cible

L’insensible

Avec les yeux bandés.

 

Le vin cible

L’invincible

Avec l’esprit bandé.

 

Le pas cible

Le passible

Avec les pieds bandés…

 

Le crime sur nos mœurs ne restera point impuni…

Le Conflit du Présent

Posté par le 05 août 2010 | Dans : Espace Lecteurs

l’ombre a tôt fait de se dissiper, notre image n’avait pas plus grand besoin: se dévoiler! mais à peine le rayon nous a -t-il mis face à la lumière que nos égos imparfaits se sont laissés découverts! mais à quoi bon? l’ombre n’a que longtemps caché notre estime aux yeux de la vie, le retour du bon sens a remis dans l’ordre dans nos vies asservies! à suivre…

Sens à Sillonelles

Posté par le 22 mai 2010 | Dans : ESPACE POETIQUE

au creux d’un sillon vermeil
qu’enchantent . mes lèvres avides d’ivres saveurs où
s’abandonnent . innocentes
des lèvres jumelles . qui se plient sous d’extatiques sensations
gros calibre gonflé . de veines transiques à
lâcher les gouttes . d’encre qui explosent
dans un elan de . sensations
parsemant des . cuisses blanches

mouillées à l’infinie jouissance
pour s’abreuver dans le « oui » intime
qui cloisine l’instant
lubricité de charme,
j’abandonne
mon
être
au
fond
de
toi
quand m’accueille en transe . ton intimité moins close
à tendre les nerfs .
au bout d’un drap . mouillé,
à retourner cette . langue le long du sillon humide, quand s’intensifie la soif d’être accueillie
par ce champignon . géant, que soulève au loin ce paysage friseux et
voilà mon orgasme . au fond de ce lit retrouvé
……………………..……………………..…………..!

Antre de feu

Posté par le 29 avr 2010 | Dans : ESPACE POETIQUE

Mon étale Angoisse,

Au bord d’une fenêtre assise,

Lime mon amer dépit.

 

Frissonne alors mon égo

Qui face à la vie se tait.

 

L’or…

L’or des lendemains maudits

Ce matin a scintillé

A l’encolure de ma prison !

 

Rien qu’à retourner cette ode

Qui meut la vie sans fard,

A l’abri du silence inquiet.

 

Rien qu’à entonner cette mélopée

Où meurt l’envie sans fard’eau,

A l’abri du silence ému.

 

Rien qu’à plaire à l’ennui du regard,

Que perd l’instant sans phare d’os,

A l’abri du silence cocu.

 

L’or…

L’or des lendemains maudits

Ce matin a scintillé

A l’encolure de ma prison !

 

Mais l’esquive du vide

Oublie vite le remords apode

Que brime l’instant…

 

 

Douala, le 13 Février 2010

CESSA MA PEAU ET ZIE

Posté par le 28 avr 2010 | Dans : ESPACE POETIQUE

 

Un poème alcoolique en verre, dans l’ébriété de mes rimes saoules,

Cessa ma peau et zie.

 

Un poème colérique en guerre, dans la criminalité de mes rimes sanglantes,

Cessa ma peau et zie.

 

Un poème mélancolique en hiver, dans la tiédeur de mes rimes glacées,

 Cessa ma peau et zie.

 

Un peau aime thérapeutique en verres, dans la pandémie de mes rivales rimes virales.                                           Cessa ma peau et zie.

 

Un poème flegmatique en peur, dans le silence de mes rimes horrifiées,

Cessa ma peau et zie.

 

Un poème impudique en chair, dans la débauche de mes rimes prostituées,

Cessa ma peau et zie.

 

Un poème hystérique en mœurs, dans la pédérastie de mes rimes travesties

Cessa ma peau et zie.

 

Un poème bureaucratique en veste, dans la corruption de mes rimes délétères,                                                     Cessa ma peau et zie.

 

Un poème poétique en vers, dans la sincérité de mes rimes véridiques,

C’est ça ma Poésie !

Déclarations

Posté par le 16 avr 2010 | Dans : ESPACE POETIQUE

Dans le sourire des adieux,

Dans le chagrin des ruptures,

Dans ce regard mouillé et,

Dans cette voix veule, j’aimerais

Pour l’éternité te dire

 

Tendrement,

Amoureusement,

Mélancoliquement,

                                      « Je t’aime ».

 

Pierre La Paix

in Luth et Lyre   copyright 2005

 

Spécial Jeux Universitaires

Posté par le 16 avr 2010 | Dans : les Infos de la Fac

C‘est aujourd’hui Vendredi 16 Avril, l’Université de Douala observe depuis ce matin une pause d’activités relative aux débuts officiels des Jeux Universitaires prévus cette année au Campus de Soa à L’Université de Yaoundé II. les sportifs de tous bords s’y sont rendus en délégation, dans une optique de relever des défis majeurs quant à remporter le plus grand nombre de médailles. entre temps, les cours eux dans certaines filières continuent paisiblement. ces Jeux, qui dureront une dizaine de jours, représentent un grand évènement dans la vie collective des différentes universités de notre Nation. puisse notre Université de Douala ramener le plus grand nombre de titres au bercail! entre temps, nous nous ramerons les medailles de confiance à leur endroit!!! ssee…

 

pierre La Paix

Assez de ce Cabanon!

Posté par le 16 avr 2010 | Dans : ESPACE POETIQUE

                                                                                                                                         à René Philombe…
La peur se dessine sur les murs des espaces sans noms,

Et l’aveugle guide qui  toujours la main nous tient…

Quand sortirons-nous de ce cabanon ?

Et mon calice élimé, qui sans trêve me brûle les lèvres et le palais !

Ô Dieux ! Que mon sort n’en soit pas doux !

Le rite assoiffé qui au loin m’invite aux sources que je ne confirme miennes.

Je promène le long des rues propres ma sale sandale et mes callosités de dément ;

Suis-je un homme ou une bête ?

Un peu de ma vie tout de même !

Le vieil antre où vous m’invitiez l’autre soir, prétextant me curer de ce mal profond !

Il est vrai que quand j’en repense !

Tant mon mal était profond !

 

La honte se dessine sur les murs des espaces sans cœurs,

Et l’immobile c’rime qui vers la fin me toise, torve…

Quand sortirons-nous de ce cabanon ?

Et ma lie évidée, qui au fond d’un verre me blesse les lèvres et le palais !

Ô Dieux ! Que ma peine n’en soit pas douce !

Le pauvre affamé qu’au loin j’invite aux poches que je confirme vides.

Je promène le long des continents propres ma sale renommée d’affamé et mon surnom de paria ;

Suis-je à vous ou m’appartiens- je ?

Non mais un peu de moi tout de même !

Et le vieux bol que vous m’invitiez l’autre soir à boire, prétextant me curer de cette vivace soif !

Il est vrai que quand je m’en souviens !

Tant ma soif était vivace !

 

La misère se dessine sur les murs des espaces sans rimes,

Et l’éternelle Poésie qui désormais m’élit comme compagnon, à vie…

Quand sortirons-nous de ce cabanon ?

Et ma lyre assassine, qui au fond d’un vers me blesse l’encre et la feuille !

Ô Dieux ! Que ma fin n’en soit pas douce !

Le poème dépravé que je déclame sur des autels que je constate vides.

J’entasse le long de mes tiroirs propres mes vieux versets de Barde mal famé et mes ridicules inédits.

Sont-ils à vous ou m’appartiennent- ils ?

Non mais un peu de tout le monde à la faim !

Et le vieux recueil que vous m’envoyiez l’autre soir lire, prétextant me curer de cet étrange néant !

Il est vrai que quand je m’en rappelle !

Tant mon néant était fatidique !

 

Dites-moi…

Quand sortirons-nous de ce cabanon ?

Et l’autre qui pensait qu’il fallait être fou pour le faire.

La peur, la honte et la misère sont notre part de vie,

Seuls tableaux visibles sur les murs de ce cabanon !

Ô Dieux ! Tant de peines, que j’en souffre !

 

Douala, le 12 Octobre 2009

René MARAN dans Batouala, Véritable roman nègre

Posté par le 16 avr 2010 | Dans : Les Grandes Figures Negro Africaines

Réné Maran   Batouala

René Maran est né le 5 novembre 1887 sur le bateau qui amenait ses parents guyanais à la Martinique. Sa naissance fut déclaré à Fort-de-France le 8 novembre 1887. Il y resta jusqu’à l’âge de sept ans et partit au Gabon, où son père, Héménéglide Maran, exerçait un poste administratif colonial.

René Maran fait de brillantes études au lycée Montaigne de Bordeaux. Il y rencontre Félix Éboué. René Maran quitte Bordeaux en 1910, après des études de droit, et devient administrateur d’outre-mer en Oubangui-Chari où il rédige son roman Batouala. Ce premier roman obtient le prix Goncourt en 1921 et suscite des polémiques « par sa dénonciation des méfaits de la colonisation ». La carrière colonial de l’auteur prend fin. Il rentre à Paris[1].

Dans les années 1930, René Maran fréquente le salon littéraire de Paulette Nardal où il rencontre Léopold Senghor, Aimé Césaire, Jean Price Mars. René Maran exprime des réserves sur le mouvement naissant de la négritude dont il dénonce les dangers :

« Considéré par les Noirs comme un précurseur de la négritude, il avouait qu’il la comprenait mal et avait tendance à y voir un racisme plus qu’une nouvelle forme d’humanisme. Il se voulait, par-dessus tout et avec obstination un homme pareil aux autres »

— Lilyan Kesteloot

Œuvres 

Dans son œuvre, René Maran décrit les excès du colonialisme. Il fut le premier Afridescendant français à obtenir le prix Goncourt en 1921 avec son roman Batouala. Qualifié de roman nègre, Batouala décrit le rite initiatique de la Gan’za, cérémonie de circoncision et d’excision.

  • 1921 : Batouala, véritable roman nègre, , prix Goncourt, (Notice Bnf n° FRBNF308753665) Batouala est un roman écrit par René Maran publié en 1921 et ayant reçu le prix Goncourt la même année. Ce roman est le premier livre écrit par une personne noire à recevoir un prestigieux prix littéraire.
  • 1931 : Le Cœur serré, autobiographie, (Notice Bnf n° FRBNF36566415w)
  • 1934 : Le Livre de la brousse, (Notice Bnf n° FRBNF324155542)
  • 1941 : Bêtes de la brousse, (Notice Bnf n° FRBNF32415543d)
  • 1943 : Mbala, l’éléphant, Illustrations de André Collot, (Notice Bnf n° FRBNF324155600)
  • 1947 : Un Homme pareil aux autres, (Notice Bnf n° FRBNF32415549g)
  • 1958 : Le Livre du souvenir, (Notice Bnf n° FRBNF32415559s)

 

Leopold Sedar Senghor, la figure de proue…

Posté par le 12 avr 2010 | Dans : Les Grandes Figures Negro Africaines

 

Senghor Sedar

Léopold Sédar Senghor (Joal, Sénégal, 9 octobre 1906 – Verson, France, 20 décembre 2001) était un poète, écrivain et homme politique sénégalais. Il a été le premier président du Sénégal (1960-1980) et il fut aussi le premier Africain à siéger à l’Académie française.

Il est le symbole de la coopération entre la France et ses anciennes colonies pour ses partisans ou du néo-colonialisme français en Afrique pour ses détracteurs.

Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire, est construite sur l’espoir de créer une Civilisation de l’Universel, fédérant les traditions par-delà leurs différences. Par ailleurs il approfondira le concept de négritude, notion introduite par Aimé Césaire, en la définissant ainsi : « La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ».

Son enfance (1906 – 1928)

 

Leopold Sedar Senghor, la figure de proue... dans Les Grandes Figures Negro Africaines clip_image001

Joal au Sénégal

Léopold Sédar Senghor naquit le 9 octobre 1906[1] à Joal, petite ville côtière située au sud de Dakar, Sénégal. Son père, Basile Diogoye Senghor, était un commerçant catholique aisé appartenant à la bourgeoisie sérère, une ethnie minoritaire au Sénégal. Originaire de Djilor, sa mère, Gnilane Ndiémé Bakhoum (?-1948), que Senghor appelle dans Élégies « Nyilane la douce », appartient à l’ethnie sérére et à la lignée Tabor mais a des origines Peules. C’est la troisième épouse de Basile Diogoye Senghor. Elle eut six enfants, dont deux garçons. Les deux branches de sa famille appartiennent à la noblesse Sérère, les Guelwar Le prénom sérère Sédar signifie « qu’on ne peut humilier ». Son prénom catholique « Léopold » lui fut donné par son père en souvenir de Léopold Angrand, riche commerçant mulâtre ami et employeur ponctuel de son père. Avant son baptême Sédar Gnilane (il était alors d’usage que le prénom du fils fut accompagné de celui de sa mère) futur Léopold a passé les premières années de sa vie chez sa famille maternelle, les Bakhoum. Puis de retour chez son père il fréquente plus tard la mission catholique de Djilor auprès du Père Dubois. C’est à la mission catholique de Djilor, que le jeune Léopold apprit le catéchisme et les premiers rudiments de la langue française. Senghor commença ses études au Sénégal, d’abord chez les Pères Spiritains à Ngazobil pendant six ans, puis à Dakar au collège-séminaire François Libermann et au cours secondaire de la rue Vincens qui s’appellera plus tard le lycée Van-Vollenhoven. Il est déjà passionné de littérature française. Bon élève, il réussit le baccalauréat, notamment grâce au français et au latin. Le directeur du lycée et ses professeurs recommandent d’envoyer Senghor poursuivre ses études en France. Il obtient une demi-bourse de l’administration coloniale et quitte pour la première fois le Sénégal à 22 ans.

Les années d’errance (1928)

Senghor arrive en France en 1928. Cela marquera le début de « seize années d’errance », selon ses dires. Il sera tout d’abord étudiant à la Sorbonne, mais très vite découragé, il entrera, grâce à l’aide du député du Sénégal Blaise Diagne, au lycée Louis-le-Grand où il prépare le concours d’entrée à l’École normale supérieure. Il y côtoie Paul Guth, Henri Queffélec, Robert Verdier et Georges Pompidou, avec qui il se liera d’amitié. Il y rencontre également Aimé Césaire pour la toute première fois.

L’agrégation de grammaire et le début de sa carrière de professeur (1935)

Après un échec au concours d’entrée, il décide de préparer l’agrégation de grammaire. Pour l’agrégation, il fait une demande de naturalisation[2]. Il obtient l’agrégation de grammaire en 1935, après une première tentative non couronnée de succès. Senghor fut donc le premier Africain agrégé de grammaire, mais pas, comme on le lit parfois, le premier normalien africain[3].

Il débute sa carrière de professeur de lettres classiques au lycée Descartes à Tours, puis est muté, en octobre 1938, au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés, dans la région parisienne. Outre ses activités d’enseignant, il suit des cours de linguistique négro-africaine dispensés par Lilias Homburger à l’École pratique des hautes études et ceux de Marcel Cohen, Marcel Mauss et de Paul Rivet à l’Institut d’ethnologie de Paris.

Seconde Guerre mondiale (1939 – 1945)

En 1939, Senghor est enrôlé comme fantassin de 2e classe dans un régiment d’infanterie coloniale. Il est affecté au 31e régiment d’infanterie coloniale, régiment composé d’Africains, malgré la naturalisation de Senghor en 1932. Le 20 juin 1940, il est arrêté et fait prisonnier par les Allemands à La Charité-sur-Loire. Il est interné dans divers camps de prisonniers (Romilly, Troyes, Amiens). Il est ensuite transféré au Frontstalag 230 de Poitiers, un camp de prisonniers réservé aux troupes coloniales. Les Allemands voulaient le fusiller le jour même de son incarcération ainsi que les autres soldats noirs présents. Ils échapperont à ce massacre en s’écriant « Vive la France, vive l’Afrique noire ». Les Allemands baissent leurs armes car un officier français leur fait comprendre qu’un massacre purement raciste nuirait à l’honneur de la race aryenne et de l’armée allemande. Senghor facilite l’évasion de deux soldats français. Il est transféré au camp disciplinaire des Landes à la fin de l’année 1941. En 1942, il est libéré, pour cause de maladie. Au total, Senghor passera deux ans dans les camps de prisonniers, temps qu’il consacrera à la rédaction de poèmes. Il reprend ses activités d’enseignant et participe à la résistance dans le cadre du Front national universitaire.

L’homme politique

Dans la France coloniale (1945 – 1960)

Au lendemain de la guerre, il est communiste. Il reprend la chaire de linguistique à l’École nationale de la France d’outre-mer qu’il occupera jusqu’à l’indépendance du Sénégal en 1960. Au cours d’un de ses voyages de recherche sur la poésie sérère au Sénégal, le chef de file local des socialistes, Lamine Guèye lui propose d’être candidat à la députation. Senghor accepte et est élu député de la circonscription Sénégal-Mauritanie à l’Assemblée nationale française où les colonies viennent d’obtenir le droit d’être représentées. Il se démarqua de Lamine Gueye au sujet de la grève des cheminots de la ligne Dakar-Niger. Ce dernier vote contre car le mouvement social paralysait la colonie alors que Senghor soutient le mouvement, ce qui lui valut une grande popularité. En 1946, Senghor se marie avec Ginette Éboué, la fille de Félix Éboué, gouverneur général de l’Afrique-Équatoriale française avec qui il eut deux fils, Francis-Arphang (1947-) et Guy-Wali (1948-1984). Il lui consacrera le poème « Chants pour Naëtt » repris dans le recueil de poèmes « Nocturnes » sous le titre « Chants pour Signares »[4].

Fort de son succès, il quitte l’année suivante la section africaine de la section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) qui avait soutenu financièrement en grande partie le mouvement social, et fonde avec Mamadou Dia le Bloc démocratique sénégalais (1948), qui remporta les élections législatives de 1951. Lamine Guèye perd son siège.

Réélu député en 1951 comme indépendant d’Outre-mer, il est secrétaire d’État à la présidence du Conseil dans le gouvernement Edgar Faure du 1er mars 1955 au 1er février 1956, devient maire de Thiès au Sénégal en novembre 1956 puis ministre conseiller du gouvernement Michel Debré, du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961. Il fut aussi membre de la commission chargée d’élaborer la constitution de la Cinquième République, conseiller général du Sénégal, membre du Grand Conseil de l’Afrique occidentale française et membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Entre temps, il avait divorcé de sa première femme en 1956 et s’était remarié l’année suivante avec Colette Hubert, une Française originaire de Normandie, avec qui il eut un fils, Philippe-Maguilen (1958-1981). Il consacrera recueil « Lettres d’Hivernage » à sa seconde femme. Senghor fait paraître en 1964 le premier d’une série de cinq volumes intitulée « Liberté ». Ce sont des recueils de discours, allocutions, essais et préfaces.

Au Sénégal (1960 – 1981)

Senghor est un fervent défenseur du fédéralisme pour les États africains nouvellement indépendant, une sorte de « Commonwealth à la française ». Le 13 janvier 1957, une « convention africaine » est créée. La convention réclame la création de deux fédérations en Afrique française. Senghor se méfie de la balkanisation de l’AOF en huit petits états[5]. Le fédéralisme n’obtenant pas la faveur des pays africains, il décide de former, avec Modibo Keïta, l’éphémère fédération du Mali avec l’ancien Soudan français (l’actuel Mali). La fédération du Mali est constituée en janvier 1959 et regroupe le Sénégal, le Soudan français, le Dahomey (l’actuel Bénin) et la Haute-Volta (l’actuel Burkina Faso). Un mois après, le Dahomey et la Haute-Volta quittent la fédération refusant sa ratification. Les deux fédéralistes se partagent les responsabilités. Senghor assure la présidence de l’assemblée fédérale. Modibo Keïta prend la présidence du gouvernement. Les dissensions internes provoquent l’éclatement de la fédération du Mali. Le 20 août 1960, le Sénégal proclame son indépendance et le 22 septembre, Modibo Keïta proclame l’indépendance du Soudan français qui devient la République du Mali.

Élu le 5 septembre 1960, Senghor préside la toute nouvelle République du Sénégal. Il est l’auteur de l’hymne national sénégalais, le Lion rouge. Le Président du Conseil de Gouvernement, Mamadou Dia, est chargé de la mise en place du plan de développement à long terme du Sénégal tandis que Senghor est en charge des relations internationales. Les deux hommes entrent rapidement en conflit. En décembre 1962, Mamadou Dia est arrêté et suspecté d’avoir tenté un coup d’État. Il restera douze ans en prison. À la suite de cet événement, Senghor instaure un régime présidentiel. Le 22 mars 1967 Senghor échappe à un attentat. Le coupable sera condamné à mort.

Il démissionne de la présidence, avant le terme de son cinquième mandat, en décembre 1980. Abdou Diouf, Premier ministre, le remplace à la tête du pouvoir, en vertu de l’article 35 de la Constitution. Sous la présidence de Senghor, le Sénégal a instauré le multipartisme (limité à trois courants : socialiste, communiste et libéral, puis quatre, les trois précédents étant rejoints par le courant conservateur), ainsi qu’un système éducatif performant. Senghor est souvent reconnu pour être un démocrate. Néanmoins, il réprima violemment plusieurs mouvements estudiantins.

Francophonie

Il soutint la création de la Francophonie et fut le vice-président du Haut-Conseil de la Francophonie.

En 1962, il est l’auteur de l’article fondateur « le français, langue de culture »[6] dont est extraite la célèbre définition : « La Francophonie, c’est cet Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre ».

Il théorise un idéal de francophonie universelle qui serait respectueuse des identités et imagine même une collaboration avec les autres langues latines.

Il est considéré, avec Habib Bourguiba (Tunisie), Hamani Diori (Niger) et Norodom Sihanouk (Cambodge), comme l’un des pères fondateurs de la Francophonie.

En 1971, Sedar Senghor devient le parrain de la Maison des droits de l’homme et de la négritude à Champagney. Musée d’une ville qui fut la seule à écrire un cahier de doléance pour l’abolition de l’esclavage.

En 1982, il a été l’un des fondateurs de l’Association France et pays en voie de développement dont les objectifs étaient de susciter une conscientisation des problèmes de développement des pays du Sud, dans le cadre d’une refonte des données civilisatrices.

L’académicien (1983)

Après avoir été désigné Prince des poètes en 1978, il est élu à l’Académie française le 2 juin 1983, au 16e fauteuil, où il succède au duc de Lévis-Mirepoix[7]. Il est le premier Africain à siéger à l’Académie française, celle-ci poursuivant ainsi son processus d’ouverture après l’entrée de Marguerite Yourcenar. La cérémonie par laquelle Senghor entre dans le cercle des académiciens a lieu le 29 mars 1984, en présence de François Mitterrand.

Ses obsèques (2001)

En 1993, paraît le dernier volume des « Liberté » : « Liberté 5: le dialogue des cultures ».

Il a passé les dernières années de son existence auprès de son épouse, à Verson, en Normandie où il est décédé le 20 décembre 2001[8]. Ses obsèques ont eu lieu le 29 décembre 2001 à Dakar, organisées par le Président Abdoulaye Wade, élu en mars 2000, en présence de Abdou Diouf, ancien président, Raymond Forni, président de l’Assemblée nationale française et de Charles Josselin, secrétaire d’État français auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Francophonie. Jacques Chirac (« La poésie a perdu un maître, le Sénégal un homme d’État, l’Afrique un visionnaire et la France un ami »[9]) et Lionel Jospin, respectivement président de la République française et Premier ministre de l’époque, ne s’y sont pas rendus. Ce manque de reconnaissance a suscité une vive polémique. Le parallèle a été fait avec les tirailleurs sénégalais qui, après avoir contribué à la libération de la France, ont dû attendre plus de 40 ans pour avoir le droit de percevoir une pension équivalente (en termes de pouvoir d’achat) à celle de leurs homologues français. L’académicien Erik Orsenna écrivit dans « Le Monde » un point de vue intitulé : « J’ai honte »[10]. Dans les milieux littéraires et poétiques, l’absence des deux premiers responsables politiques français à ces obsèques a été encore plus sévèrement jugée. On a pu lire : « S’évitant de voir leur vision étriquée du monde confrontée à l’ampleur de la puissance intellectuelle du poète africain, d’un point de vue purement ontologique, leur absence même est un hommage suprême rendu au chantre de la francophonie. »[réf. nécessaire]

Le fauteuil numéro 16 de l’Académie française laissé vacant par la mort du poète sénégalais, c’est un autre ancien président, Valéry Giscard d’Estaing qui le remplace. Comme le veut la tradition, il rend hommage à son prédécesseur lors d’un discours de réception donné le 16 décembre 2004[11]. Confronté au puzzle senghorien, il décide de présenter les différentes facettes de Senghor « De l’élève appliqué, puis de l’étudiant déraciné ; du poète de la contestation anti-coloniale et anti-esclavagiste, puis du chantre de la négritude ; et enfin du poète apaisé par la francisation d’une partie de sa culture, à la recherche lointaine, et sans doute ambiguë, d’un métissage culturel mondial ».

Poésie

Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire, est construite sur l’espoir de créer une Civilisation de l’Universel, fédérant les traditions par-delà leurs différences. Senghor a estimé que le langage symbolique de la poésie pouvait constituer les bases de ce projet. En 1978, Senghor reçut le Prix mondial Cino Del Duca.

Le poème « À l’appel de la race de Saba », paru en 1936, est inspiré de l’entrée des troupes italiennes à Addis-Abeba.

Il fit également partie des premiers comités de la Société des poètes et artistes de France dans les années 1950 et 1960.

Négritude

Dans les années 1930, il se lie avec d’autres intellectuels de la diaspora d’Afrique notamment à travers la « revue du monde noir » et le salon littéraire de Paulette Nardal. Il y côtoie Jean Price Mars, René Maran, Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, et d’autres intellectuels noirs.

Alors qu’il était étudiant, il créa en compagnie du martiniquais Aimé Césaire et du guyanais Léon Gontran Damas la revue contestataire « L’Étudiant noir » en 1934. C’est dans ces pages qu’il exprimera pour la première fois sa conception de la négritude, notion introduite par Aimé Césaire, dans un texte intitulé « Négrerie ». Césaire la définit ainsi : « La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ». Senghor explique en ces termes le concept de Négritude « la Négritude, c’est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. Je dis que c’est là une réalité : un nœud de réalités »

 

sources: Wikipédia

actualisé par: Pierre La Paix

TOI… à la belle inconnue du soir dernier…

Posté par le 11 avr 2010 | Dans : ESPACE POETIQUE

la rose qui ne fane pas

                                         TOI…

 

Je ferme les yeux sur ton regard,

 

Et l’onde sans fin de ton sourire

 

Au-dedans de moi

 

Dessine des frissons.

 

 

 

Tu viens toujours au coin

 

De ce songe, plus présente que le temps,

 

Plus unique que l’amour. Et je sens

 

Soudain au seuil de tes lèvres

 

Mon désir s’évanouir.

 

 

 

Ta main sur ma joue câline,

 

J’oublie l’instant du remords presque muet,

 

Et m’abandonne, innocent et calme

 

A la vérité de tes mots.

 

 

 

Je voudrais dans l’espace du poème,

 

Déposer cette gerbe de mots,

 

Où chaque fleur est une chance,

 

La chance de t’avoir connue,

 

La chance d’être à tes côtés !

 

 

 

 

 

                                               Douala, Novembre 2009